Réduction des effectifs, réorganisations permanentes, intensification du travail : les politiques d’austérité menées depuis des années engendrent épuisement professionnel et perte de sens du travail. La réalité est que le travail est organisé au détriment de la santé et que les agent·es en paient le prix fort. Pourtant, l’employeur a pour obligation de veiller à la sécurité et de protéger la santé des agent·es. Pour la CGT des services publics, la santé au travail est un enjeu central du combat syndical. Elle touche à la dignité au travail, à la qualité du service public et au sens même de nos missions.
Le travail dans l’urgence, le défaut de prévention de façon générale et d’une prévention genrée (prenant en compte les situations de travail différenciées et les spécificités biologiques des femmes et des hommes), les organisations du travail délétères sont parmi les facteurs aggravants des risques professionnels.
Des chiffres qui confirment une dégradation des conditions de travail Les données disponibles sont sans appel. Dans le secteur public, le taux d’absentéisme pour maladie atteint aujourd’hui 6,1 % des effectifs, avec une durée moyenne d’arrêt d’environ 34 jours. Près d’un·e agent·e sur trois a connu au moins un arrêt maladie dans l’année. Dans la fonction publique territoriale, près d’un·e agent·e sur deux se déclare régulièrement épuisé et la charge de travail est jugée excessive par près de la moitié des personnels. Ces chiffres reflètent des situations concrètes de pénibilité, de perte de sens et de pression quotidienne subie par les agent·es. À cela s’ajoutent les risques psychosociaux qui se généralisent. Selon les enquêtes Dares (Conditions de travail RPS) : 27 % des salarié·es déclarent devoir cacher leurs émotions au travail ; 45 % ressentent une pression forte liée au rythme de travail ; 30 % disent avoir subi des comportements hostiles dans leur environnement professionnel. Autrement dit, le travail rend malade lorsqu’il est organisé sous la contrainte budgétaire et managériale.
Les actions dissuasives sont insuffisantes, les contrôles trop faiblement réalisés.
Après avoir organisé la pénurie de médecins du travail, d’inspecteur·ices du travail et de contrôleur·ses de la Sécurité sociale dans les caisses régionales, il est temps de réinvestir dans ces emplois nécessaires à la prévention et au contrôle des risques au travail.
Renforcer le pouvoir d’agir des salarié·es
Les instances dédiées à la santé et aux conditions de travail, notamment les formations spécialisées en matière de santé, sécurité et conditions de travail, doivent devenir de véritables lieux d’analyse du travail réel et de construction de réponses collectives. Il ne s’agit pas seulement de constater les dégâts mais de transformer l’organisation du travail pour protéger les agent·es. La santé au travail est un terrain central de l’action syndicale : enquêtes, droits d’alerte, expertises, mobilisation des collectifs de travail.
Les gouvernements de Macron ont drastiquement limité l’intervention des représentant·es du personnel, et les CHSCT ont totalement disparu depuis 2020 tous secteurs confondus.
La CGT considère que cette situation participe à l’aggravation des conditions de travail et au recul en matière de prévention des risques professionnels.
Le pouvoir d’agir des salarié·es et de leurs représentant·es doit être renforcé. En particulier, les CHSCT, institutions indispensables à la prévention des risques professionnels, doivent être remis en place, avec des prérogatives nouvelles, et être accessibles à tou·tes les travailleur·ses !
Tou·tes mobilisé·es le 28 avril !
La journée internationale de la santé et de la sécurité au travail est l’occasion de visibiliser les morts et blessures au travail évitables.

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