Monsieur le Premier ministre,
Je tiens, par ce courrier, à vous faire part de notre plus grande inquiétude sur les conséquences économiques et sociales de la guerre au proche et au moyen orient.
La première urgence est bien évidemment diplomatique pour qu’un réel cessez le feu ainsi qu’un processus de paix durable soient mis en place pour faire cesser les souƯrances des populations civiles bombardées.
Il faut par ailleurs répondre sans attendre à la détérioration de la situation des salarié.e.s et des retraité.e.s en France. L’Agence Internationale de l’Energie prévoit un choc au moins aussi violent que le choc pétrolier de 1973. Alors que des millions de travailleuses et de travailleurs sont déjà contraints de choisir entre remplir leur frigo ou faire leur plein, l’augmentation des prix du gaz et du carburant risque de s’installer dans la durée et de se répercuter sur l’ensemble des biens de consommation, à commencer par les produits alimentaires. Ainsi, l’INSEE vient d’évaluer l’inflation à 2,2% depuis un an.
M. le Premier ministre, les leçons doivent être tirées de la crise inflationniste de 2022 déclenchée par l’agression de l’Ukraine par la Russie. A l’époque, les seules mesures pour tenter de contenir les prix de l’énergie ont reposé sur un bouclier tarifaire, sans régulation des prix ni mesures structurelles pour sortir du marché spéculatif de l’électricité et du gaz, et sans disposition spécifique d’augmentation des salaires. Résultat : des mesures extrêmement coûteuses pour les finances publiques que les citoyen.nes et les agents de la fonction publique payent encore aujourd’hui, une explosion des profits – des pétroliers mais aussi de la grande distribution et de l’industrie agroalimentaire notamment, une inflation durable et un violent tassement des salaires et du pouvoir d’achat. Ǫuatre ans après, le pays ne s’en est toujours pas remis : les salaires réels n’ont toujours pas retrouvé leurs niveaux de 2020 et la pauvreté atteint des records. La boucle « prix/salaires » invoquée pour légitimer l’austérité salariale ne s’est absolument pas produite, au contraire, c’est la boucle « prix/profits » qui met en danger notre économie.
Monsieur le premier ministre, ce n’est pas le vol du premier mai qu’il faut mettre à l’ordre du jour du Parlement mais un plan d’urgence pour protéger les travailleurs et les travailleuses et mettre à contribution les profits autour de 5 volets.
Poster un Commentaire